jeudi 30 mars 2017

Actualités de la semaine


AGRICULTURE : DEGLET NOUR, ABRICOT DE N'GAOUS, POMME DE

L'Algérie a bradé ses labels



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Les agressions que l'on fait subir à nos vergers n'interpellent ni le simple citoyen, encore moins le responsable politique.
L'Algérie décide de réduire ses importations et la filière des pommes françaises des Alpes sombre dans la crise et voilà une affaire d'Etat. Le président de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), Christian Estrosi, monte au créneau, alerte, avertit et demande à son Premier ministre d'intervenir auprès de l'Algérie pour solutionner la crise. Voilà un bel exemple qui doit nous inspirer en ces moments de débats stériles sur les importations de bananes. La France protège ses pommes, celle des Alpes, mais qui protègera les pommes algériennes, celle de Khenchela? Les agressions que l'on fait subir à nos vergers n'interpellent ni le simple citoyen, encore moins le responsable politique. L'abricot de N'gaous à Batna, la datte de Tolga à Biskra, la fraise de Skikda, la pastèque d'Azeffoun, le melon de Oued Rhiou à Chlef, sont des produits phares qui, chaque année, se perdent dans l'indifférence la plus totale. La pomme de Bouhmama, au nord-ouest de Khenchela, un véritable capital qui se perd en raison du manque de «marché national de la pomme». Cet espace commercial pourra favoriser le développement de cette arboriculture fruitière. Il permettra surtout de mieux maîtriser la distribution de ce fruit, produit à profusion par ces régions et de répondre à la demande locale et nationale.

Qui se souvient du «bal des cerises» à Larbaâ Nath Irathen ex-Fort National, en hommage à ce fruit magique d'une douceur exquise et aux qualités nutritionnelles certaines. Plus qu'une fête, c'est un festival culturel et économique instauré depuis les années 1940, mais depuis, la Kabylie a perdu près de 60% de ses cerisiers.
Que devient la fête des oranges, célébrée jusqu'en 1980 dans la wilaya de Chlef? Il était une fois la «Washington», la «Thomson navel», la «clémentine» et la «double fine».
Qu'est devenue la fête de la fraise à Skikda qui était autrefois un moment de festoiement, et une manifestation culturelle et sportive? Le fameux abricot rosé de N'gaous, dans la wilaya de Batna n'est pas mieux loti. Il souffre d'un déficit qui ne relève pas de la grande technologie et ne demande pas de gros moyens. Il s'agit tout simplement de l'absence d'une unité de transformation, un déficit quant au développement et la modernisation de la culture de l'abricot.
Regrettable situation pour les plus importants exploitants de vergers d'abricots de la wilaya, selon lesquels ce produit était pourtant exporté, par le passé, vers la France. Le même destin est connu par la figue de Beni Maouche et celle de Barbacha. Pour l'histoire, cette dernière a gagné la Palme d'or en 1963, déjà à Bruxelles. C'est la figue turque qui lui fait concurrence aujourd'hui en Algérie même quand le même produit algérien est bradé aux frontières pour rentrer dans les quotas du Maroc et de la Tunisie, destiné par la suite à l'UE. A ce titre, le cas de la Deglet Nour est instructif.
La meilleure datte au monde, la plus succulente, qui est d'origine algérienne, est transportée frauduleusement en dehors des frontières pour être vendue en Europe sous le label marocain ou tunisien. Il a fallu attendre l'année dernière pour rétablir quelque peu la situation quand des dattes algériennes de la marque Phoenix ont été sacrées comme l'un des meilleurs produits bio de l'année 2016 en France.Ces dattes, produites par Biodattes Algérie, dans des terroirs de Tolga, dans la wilaya de Biskra notamment, sont commercialisées par la société française Biofruisec sous la marque Phoenix.
Que dire alors de ce fameux raisin d'Algérie tant convoité par les colons qui en ont fait un label pour ses douces saveurs dues au climat particulier et un ensoleillement exceptionnel.
Dans un contexte de forte concurrence internationale où les produit bio sont très recherchés, la filière agricole algérienne peut s'offrir une très grande opportunité pour peu qu'elle opère sa mutation.
Il s'agit d'organiser d'abord le marché domestique, huiler les circuits de distribution, de transport et de concertation et surtout entamer la certification et la labellisation des produits agricoles afin d'assurer leur protection sur le marché international. Mais quand c'est avec une nostalgie qu'on évoque ce patrimoine arboricole fruitier, cela signifie qu'on a dilapidé des joyaux qu'on n'a pas su conserver.



Envolée du prix de la pomme de terre : les citoyens préoccupés à Chlef
















Les cours de la pomme de terre à Chlef se sont stabilisés, depuis près de deux mois, entre 65 à 70 da le kg. Un fait considéré, par la population locale, comme une véritable menace pour leur pouvoir d’achat, d’autant plus que ce produit constitue la base même de la table chelfie, au même titre que des tables de la famille algérienne en général.
De nombreux chalands rencontrés au marché de détail des fruits et légumes de la cité Ben Souna, du centre-ville de Chlef, ont exprimé leur mécontentement à l’égard de ces prix, expliquant ce fait par la spéculation et le monopole exercés sur ce produit vital, en l’absence d’un contrôle et d’un suivi des marchés de gros et des chambres froides, notamment.
Pour le président de l’association d’orientation du consommateur et de la sécurité, Djilali Kasmi, ces cours stabilisés à la hausse sont une menace pour la bourse du citoyen modeste.
Il a appelé à une intervention des services concernés en vue du déstockage des quantités de pomme de terre stockées au niveau des chambres froides , et ce dans l’attente du mois d’avril, qui devrait enregistrer, selon ce responsable, une baisse des cours de la pomme de terre, car le marché local sera approvisionné avec des quantités considérables en provenance de Mostaganem , a-t-il informé.
Ces prix stabilisés à la hausse, depuis près de deux mois, trouvent une explication dans les inondations enregistrées dans la wilaya durant la période de récolte de pomme de terre , a estimé, pour sa part, le chargé du service d’organisation de la production et de soutien technique, auprès de la direction des services agricoles(DSA) de Chlef, Mohamed Bouali, qui a, aussi, cité en cause le faible rendement à l’hectare de cette campagne, soit entre 200 à 300 qx, contre un rendement habituel estimé entre 450 à 500 qx/ha, a-t-il déploré.
Le contrôle pour lutter contre la spéculation 
Le directeur du commerce de Chlef, Nadjim Benzina a, quant à lui, cité la règle de l’offre et de la demande, qui régit le marché, assurant que des sorties d’inspection sont organisées sur le terrain, en coordination avec la DSA, pour veiller sur les opérations de déstockage de la pomme de terre.
Si les inondations de janvier dernier expliquent en partie cette huasse des prix à Chlef, il n’en demeure pas moins que la cause principale est à chercher dans la spéculation et le monopole exercés, par certains, à travers la location des terres et le stockage de la récolte en chambres froides, a assuré, en outre, le président de l’association des commerçants de gros de fruits et légumes de la wilaya, Laid Boutira.
Selon Mohamed Bouali, la filière de la pomme de terre est soumise à deux lois réglementaires, la première relative à la production et stockage de semences, et la seconde à la production destinée à la consommation, et ce à travers le Centre national de contrôle et certification des semences et plants, qui doit donner son accord concernant les quantités destinées au stockage.
Néanmoins, il existe des contrevenants à ces lois, que la direction des services agricoles œuvre à débusquer, a-t-il assuré. Le même responsable a signalé l’organisation de tournées d’inspection, en coordination avec la direction du commerce, à l’effet de constater l’application de ces lois sur le terrain.
Des actions qui ont abouti à la découverte d’une quantité de près de 900 qx de pomme de terre stockée illégalement, alors qu’elle était normalement destinée à être injectée sur le marché, durant la semaine en cours.
Il a signalé, en outre, un volume de prés de 34.000 qx de pomme de terre destiné au déstockage le mois d’avril prochain, pour la consommation, au moment ou prés de 4.560 qx seront destinés aux semences.
La wilaya de Chlef a occupé la 10ème me place nationale en matière de production de pomme de terre, durant la campagne 2015-2016, avec une récolte d’ 1.270.040 qx, selon les chiffres fournis par le Ministère de l'Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche.


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